• Actuellement, l’insuffisance cardiaque tue plus que le cancer.
  • La mortalité des plus de 80 ans est multipliée par 3 pour ceux ayant une insuffisance cardiaque.

Parce que les sujets âgés sont sous traités, ces chiffres n’évoluent pas. Pourtant des traitements existent afin d’améliorer leur qualité de vie et donc leur durée de vie.

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Le diagnostic de l’insuffisance cardiaque

L’insuffisance cardiaque est définie à partir de la fraction d’éjection inférieure à 50 %. Elle peut toute fois être « préservée » (supérieure à 50 %) mais avec des anomalies au doppler cardiaque ou une hypertrophie ventriculaire ou une dilatation de l’oreillette.

Le dépistage est difficile chez les sujets âgés car ils ont souvent des oedèmes, une dyspnée à l’effort, des crépitants des bases et ils ont d’autres raisons de faire des confusions, des chutes ou d’avoir une quelconque altération de l’état général.

Le BNP (qui signe une hypertrophie ventriculaire) n’est pas performant chez eux:

  • Chez un adulte jeune : en dessous de 100, il n’a pas d’insuffisance; au dessus de 400, il est insuffisant.
  • Chez un adulte âgé il faut que le chiffre dépasse les 800 pour confirmer le diagnostique.

Le chiffre n’est pas non plus un bon argument d’augmentation du traitement car, avec l’âge, d’autres raisons (que l’insuffisance) peuvent le modifier.

Il serait donc raisonnable de faire un dépistage systématique chez le cardiologue pour toute personne ayant dépassé les 60ans et ce, régulièrement.

Qu’elles sont les possibilités thérapeutiques ?

Si la fraction d’éjection est inférieur à 50 %

Seule l’association d’un IEC avec un bétabloquant permet une amélioration de la qualité de vie et une diminution de la mortalité.
Les diurétiques seront introduits selon la clinique.

L’aldosterone en association avec les IEC provoque une insuffisance rénale et des hypokalliémies dans 80% des cas. Il faut donc prévoir un ionogramme de suivit chaque 15 jours.

La digoxine provoque une surmortalité de 20 % dans cette pathologie.

La vaccination anti grippale et anti pneumoccocique, le traitement des infections et la correction d’une anémie le plus rapidement possible, sont nécessaire afin d’éviter un surcroît de travail cardiaque et donc une aggravation de l’insuffisance.

Si la fraction d’éjection est supérieure à 50%

La correction de l’hypertension permet de diminuer l’aggravation de l’insuffisance cardiaque ou son apparition de 60 %.
L’IEC reste le premier choix de traitement.

Les diurétiques seront utilisés selon les symptômes sur de courtes périodes.

Les vaccinations, l’anémie et les infections sont aussi à prendre en charge afin de soulager le coeur.

les IEC utilisés à faible dose améliorent aussi la fonction rénale chez les adultes âgés.

Le LCZ 696

Le LCZ 696 (Entresto) est un inhibiteur de la neprilysin, il bloque le système rénine angiotensine et stoppe la dégradation des facteurs natriurétiques.  Il provoque donc une vasodilatation, une diminution de la tension, de la fibrose et de l’hypertrophie cardiaque et une augmentation de la natriurèse.

L’étude Paradigm a recruté 8442 sujets (dont 1500 avait plus de 75 ans), tous insuffisants cardiaques avec une fraction d’éjection altérée et un BNP élevé, déjà sous bétabloquant et IEC. 50 % des sujets ont gardé leur traitement et 50 % ont pris le LCZ à la place de l’IEC.

L’étude a été arrêtée prématurément par excès de mortalité dans le groupe IEC !

Dans le groupe LCZ:

  • Il y a eu une diminution de 20 % des décès par cause cardio vasculaire et une diminution de 20 % des hospitalisations toutes causes confondues.
  • La mortalité globale a diminuée de 16 %.
  • Les chiffres ne sont pas modifiés pour les plus de 75 ans.
Les effets secondaires
  • Les hypotensions pour 14 % des cas sous LCZ (9% sous IEC) dont 3.3% sévères, contre 4.5.
  • L’insuffisance rénale à augmentée de 3.3% sous LCZ, contre 4.5 sous IEC.
  • Les hypokalièmies, 11% sous LCZ, 14% sous IEC.
  • La toux, 11% avec le LCZ, 14% avec les IEC;

L’étude Paragon est en cours concernant l’association du LCZ avec le valsartan concernant le traitement des insuffisances avec fraction d’éjection préservée.

Le LCZ n’est disponible actuellement qu’en pharmacie hospitalière mais au vu de ces résultats nous devrions bientôt y avoir accès.

En attendant, dépistons tous les insuffisants cardiaques, mettons en place le traitement adapté, programmons les vaccinations et déjà nous diminuons leur mortalité de 30 % (efficacité des IEC par rapport au placebo dans les insuffisances cardiaques). Quand le LCZ sera à notre portée nous aurons juste à faire le changement.

L’espérance de vie des personnes âgées diabétiques est de plus de 15 ans si l’Hba1c est inférieure à 7%. Le Dr Aurélie Terminet, faisant la présentation lors du CIPEG, ne précise pas à partir de quel âge cela correspond.

Mais 30 % de ces personnes âgées ont une glycémie à jeun normale et pourtant une hémoglobine glyquée anormale. Renforcer le traitement les exposeraient à des hypoglycémies sévères diminuant ainsi leur espérance de vie.

La solution pour améliorer leur équilibre glycémique et donc d’utiliser des traitements ne favorisant pas les hypoglycémies. Il s’agit de la Métformine, des gliptines (ou inhibiteurs de la DPP4) et des agonistes du récepteur du glucagon-like peptide-1 (GLP1 ou incrétines).

Pour un meilleur suivit du diabète de ces personnes, il faudra préférer les dextro en post prandial. (ce qui correspond à la méthode diagnostique du diabète qui consiste à faire une HGPO)

La Metformine

Il s’agit du traitement de première intention. Cette molécule doit être utilisée à demie dose entre 60 et 30 ml/min de clairance de créatinine. Elle est contre indiquée à partir de 30ml/min.

Si le traitement ne suffit pas, l’association avec des sulfamides ou le Novonorm doit être évité car pourvoyeurs d’hypoglycémies.
Il vaut mieux privilégier les produits suivants n’en provoquant pas.

Les Gliptines aussi appelées les inhibiteurs de la DPP4

Il s’agit de

  • La Sitagliptine en 50 et 100 mg (Januvia et Xelevia) en une prise par jour.
    En association avec la Metformine (1000mg + 50 mg se Sitagliptine) : Janumet et Velmetia, en 2 prises par jour.
  • La Vildagliptine 50 mg (Galvus) en 2 prises par jour.
    Eucréas lorsqu’elle est associée à 1000mg de Metformine, en 2 prises par jour.
  • La Saxagliptine 5 mg (Onglyza) en 1 prise par jour.
  • Komboglyze (2.5mg + 1000 mg de Metformine) en 2 prises par jour.

Elles peuvent être utilisées même si la clairance de la créatinine est inférieure à 30 ml/min en diminuant le dosage journalier.

Ces molécules n’ont pas d’interaction médicamenteuses et les risques de pancréatite et d’insuffisance cardiaque annoncés n’ont pas pût être prouvés dans les différentes études réalisées.

Les GLP1 ou incrétines

Ces molécules se présentent en stylo préremplis.

  • L’Exenatide :
    • – à faire 2 fois /j 10 ug il s’agit du Byetta.
    • – à faire une fois par semaine 2mg, le Byduréon.
  • Le Dulaglutide 0.75 mg une fois par semaine : le Trulicity.
  • Le Liraglutide à faire chaque jour de 1.2 à 1.8 mg : le Victoza.
  • Elles sont contre indiquées en cas d’insuffisance rénale sévère.

Non recommandées chez les personnes âgées, car ces molécules diminuent l’appétit en ralentissant la vidange gastrique, elles favorisent donc une perte de poids. Par extension il vaut mieux les éviter chez les personnes dénutries.

Elles ne s’associent pas à l’insuline.

Selon le Dr A Terminet, l’idéal est donc de prescrire de la Metformine en premier lieu, puis d’y associer une Gliptine. Si le résultat est toujours insuffisant, elle conseille de rajouter de la Lantus.

Publié par : lisejappy | 24/05/2016

Comment sortir les personnes âgées de l’apathie ?

La personne apathique est celle qui ne nous dérange pas, reste assise et regarde passivement ce qui se passe autour d’elle. Jamais nous ne nous en préoccupons puisqu’il s’agit d’une personne « discrète », « effacée ».

Cette personne apprécie de participer aux activités qui lui plaisent, y prend du plaisir et rigole, donc elle n’est pas dépressive.  Mais c’est une personne qui n’initie pas l’activité, ne demande pas à l’organiser ou à y participer, c’est ce que l’on nomme la perte d’initiative. Elle a aussi un émoussement émotionnel comme dans la dépression mais plus léger puisque les émotions reviennent assez facilement.

Les personnes apathiques sont un peu oubliées du fait qu’elles ne dérangent pas l’organisation d’une maison, ou d’une communauté. Mais ces personnes ont une démarche ralentie et des fonctions exécutives altérées.

Le point le plus important est que ces altérations sont réversibles si seulement nous savons dépister cette apathie et prenons le temps de comprendre la personne concernée.

Le dépistage

Il en existe de différents: par mesure de la vitesse de la marche, ou par les inventaires tel que le NPIE.

Commet les stimuler ?

Le Professeur Philippe Robert de l’université de Nice, travaille sur ce sujet  avec l’équipe de recherche CoBTeK (Cognition Behavior Technologies) .

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Lors de leurs études, ils ont déterminé que seules des activités qui pouvaient éveiller l’intérêt des personnes concernées étaient susceptibles de les dynamiser. Donc la première étape consiste à définir les activités plaisantes pour chaque individu.

Les activités les plus bénéfiques sont celles qui associent les activités motrices aux activités cognitives et qui permettent d’atteindre un but. Sans objectifs à atteindre, les sujets perdent leur intérêt pour l’exercice.

Il faut aussi que ces activités soient répétées régulièrement, au minimum 3 fois par semaine, sur une durée d’au minimum 4 semaines pour obtenir une reprise de dynamisme durable.

En réunissant ces multiples conditions, la stimulation devient pérenne et les sujets redeviennent progressivement initiateur de leurs activités.

Des exemples

  • La WII est un bon exemple d’activité physique avec un but à atteindre, gagner le plus de points au bowling, bouger les bras de façon à lancer une balle ou attraper des objets …
  • Faire la cuisine stimule la planification, les mouvements coordonnés avec un résultat à partager le plus souvent.
  • Le jeux MéMo  (développé par l’équipe de recherche CoBTeK) permet aux personnes de jouer en ligne et de progresser en fonction des résultats obtenus. www.memory-motivation.org

Ce qui est intéressant dans la présentation du Professeur Robert est de réaliser qu’il est nécessaire d’utiliser une stimulation globale, mais qu’il faut organiser autant d’activités différentes que d’individus, puisque chacun prendra un plaisir différent selon ses centres d’intérêts.

Dans un futur proche cette équipe résoudra la difficulté de stimuler des personnes ayant des déficiences visuelles et ou auditives.

 

Publié par : lisejappy | 20/04/2016

La nature et l’équilibre au secours de nos neurones

Maintenir une bonne santé est un gage de vieillir sans trop de handicap.
Eviter les produits toxiques nous protège le cerveaux.
Et les antioxydants sont bien connus pour nous protéger du cancer.

Mais les polyphénols végétaux sont aussi bénéfiques directement pour notre cerveaux.

Plusieurs études ont démontrées que les polyphénols de la grenade (l’urolithine) ont un effet anti Alzheimer dans les modèles animaux.
Ce sont de puissants piégeurs de radicaux libres dans des circonstances très précises.

Les effets neuro-protecteur et anti-inflamatoire de l’Urolithine au niveau cérébral, sont obtenus uniquement après avoir été métabolisé par les bactéries du tubes digestifs.

Donc si la flore intestinale est altérée, par exemple par des antibiotiques, l’effet ne sera plus le même. Et prendre des polyphénol sous forme de compléments alimentaire, donc concentrés, n’aura pas forcément l’effet escompté.

Par ailleur des chercheurs Brésiliens de l’institut IDOR, de l’université de Rio et de Bahia, ont identifié l’Apigenine. Ce polyphénol lui aussi, a un effet bénéfique sur la mémoire et l’apprentissage. Il stimule la formation plus rapide des neurones et permet une connectivité inter neuronale plus forte et plus complexe.

L’Apigenine est abondante dans le persil, le thym, la camomille et le poivron rouge.

Grenade, thym, persil, poivron rouge, la combinaison de ces aliments, nous donnerait presque la recette d’un plat libanais !

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Le régime méditerranéen est connu pour diminuer les risques cardio vasculaire, est il directement l’avenir de nos neurones ? Afin de confirmer cette idée, il serait intéressant de connaitre la répartition des maladies cognitives dans le monde.

Publié par : lisejappy | 21/02/2016

Est ce de la maltraitance ou pas ?

Parce que nous nous posons cette question dans des situations qui nous mettent mal à l’aise et que nous nous questionnons sur l’attitude à avoir, c’est un sujet épineux qui mérite une réflexion.

Qu’est ce que la maltraitance ?

Définition du conseil de l’Europe :

« Tout acte, ou omission qui a pour effet de porter gravement atteinte, que ce soit de manière volontaire ou involontaire, aux droits fondamentaux, aux libertés civiles, a l’intégrité corporelle, à la dignité ou au bien être général d’une personne vulnérable. »

Est ce que cette définition est suffisante dans notre pratique pour nous guider ?

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Prenons des exemples vécus par des professionnels.

Tout d’abord, le cas d’une personne âgée démente à domicile, seule, qui a pour toute visite journalière son infirmière, 2 fois par jour.
Elle mange peu, maigrit, ne se fait plus les repas; c’est l’IDE qui lui réchauffe les plats surgelés et la met à table avant de partir.
Son enfant lui remplit le frigo une fois par semaine lors de sa visite hebdomadaire et fait intervenir une auxiliaire de vie une fois par semaine, c’est suffisant selon lui.
La détresse de l’infirmière est importante : elle n’a physiquement pas le temps de rester plus longtemps afin de s’assurer que cette personne mange bien, et sait que c’est pourtant ce dont elle a besoin.
La solution serait que son parent s’en charge ou qu’il charge une tierce personne de s’en occuper, ce qu’il refuse.

Un autre exemple : une personne insuffisante cardiaque et démente qui refuse ses traitements. Elle ne se sent pas malade, et devient très agressive envers son mari s’il insiste pour qu’elle suive la prescription.
Mais il refuse la venue d’une infirmière car il sait donner les traitements.
Elle fait aussi des malaises qui provoquent son hospitalisation 1 fois par mois, mais refuse la venue du médecin. Son mari obtempère.

Il n’y a pas de volonté de nuire de la part des familles. Pourtant les soins font défaut vis à vis de ces personnes fragiles !

Je ressens ces situations comme négligentes, mais doivent elles pour autant faire l’objet d’un signalement pour une maltraitance ?

La loi nous impose de signaler les actes de négligence.

La loi nous demande d’ alerter les autorités s’il y a privation de soins, d’aliments (et bien sûr sévices) et s’il y a risque de suicide ou atteinte à la vie d’autrui par usage d’une arme.

Ceci s’applique particulièrement aux personnes tenues au secret professionnel, donc les soignants.

La non dénonciation d’une maltraitance peut être punie de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Un numéro de téléphone pour nous conseiller : le 3977

En semaine de 9h00 à 19h00 un interlocuteur d’ALMA peut nous aider à y voir plus clair.

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Parce que nous n’avons pas tous la chance de travailler en équipe et les libéraux sont seuls auprès de leurs patients, être informé et soutenu est précieux dans ces situations.

Mais que fait on du respect du choix de la personne démente dans ces situations ? Accepter le refus de voir le médecin ou d’avoir des étrangers à la maison fait aussi partit des obligations légales que nous devons respecter.

Publié par : lisejappy | 10/01/2016

2016. Recrudescence de la gale

L’impression que nous avons d’avoir plus de cas de gale est bien réelle. Les personnes âgées ne sont pas épargnées et la difficulté est de faire la différence avec le prurit sénile très fréquent.

La Gale

La gale provoque un prurit intense, surtout le soir et à la chaleur du lit le plus souvent.

Ce prurit est surtout localisé aux mains et aux pieds, dans les sillons inter digitaux. Il touche aussi les fesses, le bout des seins et les organes génitaux. Point important, la tête est épargnée.

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La gale étant très contagieuse par le contact proche, la famille entière se gratte. Une maison de retraite étant une famille élargie, il existe des cas d’épidémie de gale dans ces environnements.

Le prurit sénile

Il est présent toute la journée avec une recrudescence vespérale mais touche les membres et le tronc principalement, zones les plus sèches du corps.

Il est calmé par des crèmes hydratantes associée à de faible dose de cortisone, par exemple une préparation d’un tube de Betaméthasone mélangé avec 400 g d’hydratant.

Le traitement de la gale

Il ne doit être débuté qu’en cas de certitude diagnostique. Donc il faut trouver les sillons les gratter et recueillir le sarcopte.

Le traitement est débuté dés que les signes cliniques sont confirmés :

  • Les sujets atteints (qui se grattent) doivent prendre de l’Ivermectine 20mg/ kg une fois et procéder au traitement par Topiscab en 2 applications espacées de 2 semaines.
  • Ils reprendrons la deuxième dose 15 j plus tard si l’analyse confirme la présence du parasite.
  • L’entourage qui ne se gratte pas prendra uniquement l’Ivermectine.

Le prurit peut persister 4 semaines, et s’il n’y a pas de nouvelles lésions apparues 15 j après le premier traitement, seul le traitement antiprurigineux est à poursuivre. Par exemple le gel de calamine localement et si cela ne suffit pas l’Hydroxyzine peut être ajouté le soir , mais attention aux chutes et confusions secondaires.

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L’écueil est de trop penser à la gale et de faire un traitement d’épreuve inutile.

Pour voir les sillons, il faut s’armer d’une bonne loupe et certains utilisent de l’encre en application entre les doigts qui permet de les faire ressortir. S’il n’y a pas de sillons, la patience permettra l’apparition de lésions et seule la biopsie de celles ci donnera une explication sur l’origine du prurit persistant.

Nous avons rencontré cette difficulté de devoir apaiser un dément agité.

Les traitements ne sont pas toujours efficaces et provoquent souvent une somnolence avec un risque accru de chute. En augmentant la confusion, ils aggravent aussi l’agitation. Et maintenant que les risques cardiovasculaires des neuroleptiques sont mieux connus, nous hésitons même à les essayer.

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Le Dr Jeffrey L. Cummings (Directeur du centre Lou Ruvo pour la santé cérébrale de Las Vegas) a étudié l’effet du dextrométhorphane associé à la quinidine sur l’agitation de patients. L’étude a été réalisée sur 2 fois 5 semaines et sur 220 patients.

En comparaison au placebo, il y a eu une amélioration de l’agitation de 50% sur le score NPI pour 55% des patients.

Ces résultats sont encourageant et cet essai passe en étude de phase 3.

Ces produits sont très bien tolérés, ont très peu d’effets secondaires et sont déjà largement utilisés pour d’autres raisons. Il peut être raisonnable de faire l’essai en cas de résistance à tout notre arsenal thérapeutique non médicamenteux.

Cet article est un résumé de la présentation du Dr Laurent Molines (endocrinologue à la Ciotat et la clinique La Casamance d’Aubagne).
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L’hypoglycémie chez un diabétique est définie en dessous de 0.70 mg /l de glycémie (0.5 chez un non diabétique).

Les signes d’hypoglycémies nous sont bien connus : transpiration, tachycardie (signes adrénergiques), ralentissement idéomoteur… Plus un patient fera des hypoglycémies moins il les ressentira par un émoussement des réactions adrénergiques.

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Les hypoglycémies ne tuent pas mais sont pourvoyeuses de complications :

  • Celles que l’on connait bien sont les chutes, les fractures, les comas …
  • Celles que l’on connait moins comme l’aggravation majeure de la rétinopathie , des altérations cardiovasculaires, des neuropathies et de la cognition.

Et pourtant nous avons appris qu’une maîtrise du diabète évite ces pathologies.

C’est la réalité lorsqu’il s’agit d’un diabète récent avec lequel il faut être très strict afin d’empêcher leur apparition.

Mais en vieillissant la glycémie du patient s’élèvera et augmenter son traitement provoquera des hypoglycémies secondaires, donc la priorité à partir d’un certain âge sera d’éviter ces hypoglycémies.

Quelques chiffres très clairs :

  • Parmi les diabétiques ayant une hypoglycémie par an en moyenne, les études retrouve 20 % de patient ayant une démence (débutante à sévère).Pour ceux ayant 2 hypoglycémies par an, il y a 64 % de déments.
  • Enfin pour ceux ayant 3 hypoglycémies par an, les études découvrent 96% de personnes démentes !
  • Lors d’autres études sur l’intensification du traitement antidiabétique chez les personnes âgées afin d’atteindre des chiffres inférieurs à 6.5 % d’HBA1C, il y a eu un taux si important de décès qu’elles ont été stoppé en quelques mois (au lieu des 2 ans prévus).

La dernière complication, est la surcompensation de peur de faire une hypoglycémie. En mangeant plus et plus souvent, la glycémie s’élèvera. Dans le but d’équilibrer le diabète, nous augmenterons le traitement. Le patient grossira plus, continuera à faire des hypoglycémies et mangera encore plus pour se protéger de ses malaises. Dans ces cas, il faudra au contraire, baisser le traitement.

Une hémoglobine glyquée à 8 voire 9 peut parfois être nécessaire afin d’éviter les hypoglycémies chez certains patients.

Le cycle glycémique

Habituellement la glycémie d’un diabétique est plus élevée le matin et diminue progressivement dans la journée. Donc les risques d’hypoglycémie sont plus importants en fin de journée, voir la nuit.

Il est donc important de connaître la cinétique glycémique du patient avant de modifier le dosage de son traitement.

Ainsi pour une hémoglobine glyquée élevée avec une glycémie faible le soir, il vaut mieux baisser le traitement que de le renforcer.

Les sulfamides et les biguanides sont les plus pourvoyeurs de baisse glycémique.

Les DPP4 et les gliptines n’en provoquent pas mais renforcent l’effet hypoglycémiant des produits précédemment cités. Il faudra donc diminuer la doses des sulfamides de 50 % si on les associe à ces traitements.

Donc revoyons à la hausse le taux d’HBA1C des plus âgés et flûte aux ROSP qui réclament un taux à 7 maximum.

Maintenant, nous attendons que les recommandations soient adaptées à l’âge de nos patients.

En septembre nous verrons arriver les documents de prise en charge du vaccin anti grippe, que nous conseillerons fortement.

C’est à cette occasion aussi que nous parlerons du Pneumo 23 pour ceux ayant des fragilités bronchiques et pulmonaire.

Le rappel du Pneumo 23 se fait chaque 5 ans (et non 3 comme auparavant).
Il faut savoir que le Pneumo 23 ne protège que contre le pneumocoque.

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Pour une protection contre le HIB, qui s’attaque aussi aux personnes âgées, il faut faire le Prevenar. Le Prevenar protège chez l’adulte dés la première injection, il n’y a pas de rappel. Du fait d’un recrudescence des résistances aux antibiotiques, il est lui aussi très fortement recommandé dés que le patient à une sensibilité accrue aux infections respiratoires.

Il faut procéder à cette vaccination avant le rappel ou le 1er vaccin du Pneumo 23.

En ce qui concerne la coqueluche, le rappel est fait avec le tétanos (Repevax, Boostrix). Ce qui n’est pas plus mal pour protéger les jardiniers, bricoleurs et sportifs très actifs.

Maintenant abordons le dernier vaccin sorti, le Zostavax.
Il est recommandé pour les plus de 50 ans afin de les protéger du zona en une seul injection. Je comprends l’intérêt de diminuer les douleurs zostériennes ainsi que les complications chez les personnes immunodéprimés. Mais je ne sais pas si je le proposerai à mes patients.

  • Premièrement comment définir ceux à risque de faire un zona ?
  • Deuxièmement il est contre indiqué chez les personnes immunodéprimés qui sont les plus à même de faire un zona !

A qui donc le proposer ? peut être avez vous une suggestion ?

Pour finir avec la protection infectieuse de nos ainés, savez vous que ce sont les enfants scolarisés qui représentent le réservoir de germes les plus virulents ?

Donc pour une bonne protection, vaccinons en priorité les enfants.

Et s’ils sont malades ?
Ils peuvent soit rester à l’écart, soit rendre visite à leur grand parents avec un joli masque chirurgical sur le nez !

Publié par : lisejappy | 03/07/2015

La thérapie cellulaire

(exposé du Dr Magalon)

Cette thérapie à été développée à partir de réinjection de graisse à la face dans les cas de sclérodermie et pour les grands brulés.

Un prélèvement de graisse abdominale (200g) centrifugé va permettre d’obtenir des cellules graisseuses d’une part et un liquide riche en cellules diverses d’autre part, le stromal vasculaire factor SVF (endothéliales, musculaires, macrophages, cellules souches multipotentes).

Le PRP, plasma riche en plaquettes, est obtenu à partir du sang centrifugé. Les plaquettes sont responsables de la cicatrisation et n’ayant pas de noyaux ne peuvent se reproduire donc il n’y a pas de tumeur possible. Les plaquettes sécrètent des facteurs de croissance vasculaires, dermique et épidermique.

Grâce  au SVF et au PRP, tout est possible en matière de réparation.

L’injection unique de ces produits sous la cicatrice fragile et en creux d’un escarre sacré, à permis en plusieurs semaines une augmentation de la trophicité cutanée et une augmentation d’épaisseur des parties molles.

Sur un pied ulcéré depuis plusieurs mois, une seule injection à permis une cicatrisation parfaite en 4 mois, sans cicatrice ni déformation résiduelle.

Les études continuent sur des moignons d’amputation sensibles (augmentation des chairs), sur des plaies candidates à la greffe ainsi évitée, sur des sphincter incontinents, des radiodermites, des cicatrices chèloïdes….

Actuellement la recherche consiste à déterminer le bon dosage à injecter avec une aiguille simple (21 G, verte). L’injection doit se faire en phase de bourgeonnement sans inflammation locale.

La difficulté consiste à obtenir un prélèvement stérile et qui le reste tout au long du traitement (de la centrifugation à l’injection).

Les études utilisent un produit autologue et la preuve de la sécurité est attendue prochainement avant de développer ce traitement dans le public.

En Inde, ce traitement est largement diffusé mais en hétérothérapie, donc il y a des risques de contamination.

La France tarde donc à utiliser ces thérapies innovantes mais pour une meilleure sécurité de tous.

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